Obama et les Clinton : une cohabitation plus facile ?
Pour les Clinton, l'arrivée d'Obama signifiait la fin de leur mainmise sur le parti. Quelque chose de très difficile à accepter. Inversement, un nouveau défi attendait le clan Obama : imposer sa loi et son autorité. Plusieurs personnes pensaient qu'en faisant de Hillary sa colistière, Obama pourrait contourner le problème. Il s'agissait d'une fausse bonne idée : personne ne veut consciemment sélectionner Iznogoud comme no 2. Le VP est là pour aider, pas pour remplacer, le Président! La suite des événements nous démontre que je ne suis pas le seul à penser ainsi : c'est un Joe (Biden), plutôt qu'une Hillary, qui est le colistier du sénateur de l'Illinois.
La conséquence de ces manigances : le clan Obama s'est assuré de garder les Clinton au loin et les Clintons ont décidé de laisser Obama gagner la présidence, seul, comme un grand garçon. Bref, pas de cohabitation/collaboration.
Cependant, la crise économique a changé la donne : avant la crise et les débats, Obama était dans une situation précaire. Les sondages présentaient les deux candidats présidentiels au coude-à-coude. Les démocrates commençaient à se poser des questions, mais étaient prêts à travailler, à mettre toutes leurs énergies dans la campagne pour la gagner. Aujourd'hui, Obama caracole au-dessus des 50 % avec une avance de 10 points ou plus sur McCain. L'objectif n'est plus le même : il n'est plus seulement question de gagner, mais de démolir le parti républicain en allant chercher une majorité de 100 sièges à la Chambre des représentants et de 60 sièges au Sénat.
À cet effet, même si les derniers sondages montrent que cette situation est de plus en plus probable, elle n'est pas encore assurée. Et c'est ici que les Clinton peuvent jouer un rôle : en menant une vigoureuse fin de campagne, ils peuvent mettre fin à toute velléité de « come-back » que McCain pourrait avoir et iraient chercher les derniers indécis. Bref, il donnerait un dernier boost qui permettrait aux Démocrates d'obtenir cette victoire écrasante.
Ce plan est le meilleur possible, car en donnant aux Démocrates une victoire en novembre (51 ou 52 %) Obama maintient son ascendant sur le parti et se maintient en position de force. Pour leur part, les Clinton se réhabilitent en aidant les Démocrates à complètement dominer le paysage politique américain. Bref, les Clinton apportent quelque chose sans affaiblir Barack Obama. Bref, comme leur légitimité provient de sources différentes, ils ne sont plus dans une situation de conflit.

