dimanche 4 mai 2008

Les élections: vanité et concours de popularité ?

Il est souvent difficile de savoir ce qui motive réellement les politiciens et leur entourage : s’agit-il de pures ambitions personnelles ou d’un réel besoin de promouvoir un projet politique et de proposer des solutions aux problèmes sociaux et économiques ? En fait, s’il est difficile de savoir ce qui les motive, c’est justement parce que, souvent, ils croient être les seuls à être capables de porter le message et la vision sociale à laquelle ils adhèrent. Ainsi, si le succès politique dépendant largement des personnes qui le promeuvent, il est normal que l’on assiste à une personnalisation du jeu politique.

Par ailleurs, comme les candidats qui se présentent par pures ambitions personnelles ne peuvent pas le dire franchement, départager le vrai du faux est toujours difficile. D’ailleurs, il est possible qu’ils agissent ainsi parce qu’ils croient être la meilleure personne pour diriger le pays, peu importe leur plate-forme politique et que, par conséquent, leurs idées ne sont que secondaires.

Les primaires aux États-Unis
Dans le cadre d’élections au sein de partis politique, cette tendance à la personnalisation est encore plus forte : comme les rivaux cherchent à obtenir l’appui des mêmes groupes d’électeurs, ils doivent avoir des positions similaires sur plusieurs enjeux. Par exemple, dans le cas de la course à l’investiture du parti républicain aux États-Unis, tous les candidats se sont sentis obliger de prendre la même position sur la guerre en Iraq (en faveur de celle-ci) et les questions morales et religieuses (contre l’avortement). Ainsi, comme il est difficile pour les candidats de se « différencier » en fonction de leur projet politique, la personnalité se retrouve à l’avant-plan. C’est d’ailleurs ce qui explique la force de mobilisation d’un candidat comme Mike Huckabee. Toutefois, le mode de scrutin « winner takes all » prévalent au sien du Parti républicain a favorisé John McCain, un vieux routier avec une machine électorale bien rodée.

Ce constat s’applique aussi à la course à l’investiture au sein du Parti démocrate. Pendant plusieurs mois, les commentateurs ont répété inlassablement que comme Barack Obama et Hillary Clinton avaient des plate-formes politiques quasi identiques, ils ne pouvaient se distinguer que par leur style de leadership et leur personnalité : Barack se positionnait comme un agent du changement et Hillary comme un capitaine expérimenté capable de naviguer à travers la tempête s’abbatant sur l’Amérique (sic). Le message de rêve et d’espoir de Barack Obama inspiré des milliers d’électeurs et lui a permis de réussir l’impensable : il est devenu le meneur.

Changer, c’est mentir
Hillary Clinton, voyant son rêve de jeune fille lui glisser entre les doigts, a récemment changé de statégie : aujourd’hui, elle se positionne comme étant la candidate des « vraies gens », notamment avec sa proposition de suspendre la taxe sur l’essence durant la période des vacances. Plusieurs dénoncent cette mesure comme étant électoraliste et risquant même d’aggraver les finances du pays. Toutefois, selon elle cette proposition apporte une réponse concrète aux besoins des américains tout en offrant un répit bien mérité aux travailleurs et aux familles.

Nous nous retrouvons donc avec le même questionnement qu’en début de texte : est-ce que se repositionner est synonyme d’opportunisme politique. Cet acte est-il suffissant pour accuser un candidat d’être malhonnête, pour dire qu’il est avant tout guidé par la volonté d’obtenir un titre et qu’il serait un mauvais leader ?

À mon sens, le fait qu’un candidat veuille se faire élire coûte que coûte soulève des questions sur ses motivations réelles, car l’on pourrait se demander légitimement qui gagne réellement à le voir élire (le candidat ou les électeurs ?). De plus, voir les idées comme secondaires (et donc interchangeables) démontre un manque de jugement moral et une vision déformée des fondements de la démocratie, car lorsque les électeurs votent, ils ne votent pas seulement sur le contenant, mais aussi sur le contenu. C’est un des seuls moments où les électeurs peuvent se prononcer sur les grandes orientations de leur pays. Oublier ce fait, dénote un profond mépris pour le processus démocratique.


1 commentaires:

Yvette a dit…
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