Une autre perle de lucidité
Cette fois-ci, c'est un passage sur la vieillesse et le rapport qu'entretient la société avec ses aînés qui a retenu mon attention. Étonnamment, de tous les endroits où l'on peut lire sur le sujet, c'est dans un polar que je suis tombé sur le prochain passage. Le personnage principal, l'inspecteur Benjamin Sioui, est d'origine québéco-huronne. Toutefois, à part son aspect « sauvage » et « indompté », je me demande bien quels autres attributs hurons l'auteur a bien voulu lui donner puisqu'il est avant tout un rebelle cocaïnomane qui traîne un mal de vivre évident. Sa révolte transparaît dans la citation. Je ne suis pas d'accord avec l'ensemble du message du personnage. Par contre, je trouve son propos intéressant puisqu'il « recadre » les rapports que nous entretenons avec nos aînés. Il s'agit, à mon sens, d'une perle de lucidité puisqu'elle nous permet de jeter un nouveau regard sur le sujet.
« Je n'aime pas les vieux, malgré ce que m'inculque ma double culture. Il n'y a plus de transmission de la sagesse, le pacte est rompu, l'aîné ne donne plus l'exemple, il ne reste que des classes sociales où les vieux lèguent leur richesse accumulée par voie testamentaire. Pour moi, les vieux se sont accaparé cette société et se sont octroyés tous les bénéfices de la croissance économique, au détriment d'une vie communautaire basée sur le partage. [...] Avant, les vieux voulaient léguer un monde meilleur à leurs descendants, maintenant, cela se transige en indice de confort. Les vieux ont tué la solidarité. Et maintenant, ils se plaignent d'être abandonnés ».
3 commentaires:
Ouch, très dûr... Je ne suis pas tout à fait d'accord et trouve cela un peu injuste. Mais j'aimerais que vous m'expliquiez davantage votre avis peut-être qu'il est plus nuancé ou mieux argumenté
C'est le bris du «pacte» que je trouvais intéressant. Je pense que j'ai peut-être coupé un élément important puisqu'il me semble que l'auteur avait aussi parlé de la mise en commun. Prendre soin des autres est difficile quand chacun poursuit son propre bonheur (ce qui, souvent, se fait au détriment des autres).
Si, comme le personnage le dit, les «vieux» avaient travaillé pour léguer un monde meilleur aux jeunes, que les jeunes prennent d'eux soin iraient de soi puisqu'il ne s'agirait que d'un signe de reconnaissance. Actuellement, dans notre société, les enjeux sont déterminés par soi, pour soi. C'est un jeu à somme nulle. La santé, c'est pour les boomers qui vieillissent, l'éducation c'est pour les jeunes. Il n'y a pas de ponts entre ces enjeux même si l'on dit qu'ils se recoupent. D'où l'idée du «bris» du pacte social.
Ah vu de cet angle, c'est vrais que c'est un point de vue intéressant. En réalité c'est la famille qui en quelque sorte n'est plus une unité sociale comme elle le fut par le passé. Ça va donc un peu dans tout les sens, c'est un peu la faute de tous.
J'aime bien l'idée, d'un point de vue quasi-philosphique.
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