dimanche 13 mai 2007

De rejet à regrets

Il y a 18 mois, Pauline Marois échouait dans sa tentative de devenir cheffe du Parti Québécois obtenant seulement 30 % des suffrages exprimés. Aujourd'hui, elle semble se diriger vers un couronnement. Plusieurs considèrent que cela est une bonne chose, qu'elle l'a mérité et qu'en tenant compte des sondages des derniers jours, c'était le meilleur «move» que le Parti pouvait faire. Permettez-moi de rester sceptique.

D'abord, sur les implications directes du manque d'affrontement pour le leadership du Parti. Plusieurs commentateurs s'entendaient pour dire qu'une course permettant un affrontement de visions plutôt que de personnalités était la meilleure chose qui pouvait arriver pour le Parti Québécois. En plus de permettre un renouvèlement du discours, cette course devait assurée une visibilité médiatique de première importance pour le nouveau tiers parti de l'Assemblée nationale. Dans un cas comme dans l'autre, le couronnement fera en sorte que ni l'un ni l'autre de ces évènements ne se produira.

Aussi, la conséquence directe d'une élection par acclamation est que la nouvelle cheffe devra faire ses preuves plus rapidement. Au début de son mandat de chef, André Boisclair était le chef le plus populaire, toutefois, après quelques mois de tergiversations et de silences sur des enjeux importants, la population a finie par croire les critiques voulant que Mr. Boisclair était un beau contenant, mais qu'il n'avait pas de contenu. En campagne électorale, il a été incapable de contrer cette tendance. Nous connaissons tous les conséquences de cette situation. Ainsi, même si M. Marois est adulée aujourd'hui, rien ne garantit que cet engouement se maintiendra dans l'avenir ; qu'elle ne devienne pas un émule d'André Boisclair. Ceci est d'autant plus vrai, qu'actuellement, les raisons de l'adhésion enthousiastes à la candidature de Mme. Marois ne se fondent pas sur des arguments forts ou une vision pour le Québec, mais sur le fait qu'elle est une femme et que les membres ont des regrets.

Selon moi, il s'agit là des ingrédients parfaits pour une nouvelle catastrophe puisque même si ces considérations ont une importance aujourd'hui, ils sont faibles et ne feront pas le poids face à des critiques portant plus sur le fond.

1 commentaires:

Louis a dit…

Marois, c'est le contraire de Boisclair... C'est peut-être justement pour cette raison qu'on l'aime tout à coup!

En espérant que le PQ ne se casse pas la gueule cette fois-ci!

Mais est-ce qu'un couronnement est vraiment la solution?

J'en discute sur mon blogue si cela vous intéresse.